Un ouvrage technique faisant office de « portrait-robot » des langues menacées vient d’être publié en République démocratique du Congo (RDC). Ce document servira de guide directeur pour les « États généraux de la langue kikongo », prévus du 12 au 15 août 2026 dans la province du Kongo Central.
L’objectif principal de cette démarche est de promouvoir, revitaliser et pérenniser le kikongo, considéré aujourd’hui comme une langue en rupture de transmission générationnelle.
Ce projet du dictionnaire des États généraux de la langue kikongo vise à combler le fossé linguistique intergénérationnel en recensant la diversité dialectale (kiyombe, kimanyanga, ndibu, …) pour lutter contre la perte de vocabulaire chez les jeunes.
Ce dictionnaire, conçu comme un outil de sauvegarde et un support pédagogique moderne, est disponible en version papier et sous forme d’application mobile pour une diffusion durable de la langue.
Des ateliers aux structures pérennes
Selon Robert Lukebano, secrétaire de l’événement et coauteur du livre, l’ouvrage propose des thématiques de travail pour des ateliers pratiques. Les recommandations issues de ces travaux viseront tous les acteurs sociaux .
« Structures étatiques, société civile, mairies et milieux éducatifs».
Pour assurer le suivi sur le terrain, deux nouvelles structures vont être déployées en collaboration avec les autorités provinciales du Kongo Central :L’Institut international du kikongo (IIDK); Les Centres pilotes informels d’apprentissage du kikongo (CPIAK).
Ces entités auront pour mission de redynamiser la pratique de la langue au sein des communautés locales.
Ce document d’une centaine de pages a été rédigé par deux spécialistes. Issu de l’Institut supérieur pédagogique de Mbanza-Ngungu :Kembela Kasidimoko, ancien professeur de lettres, spécialisé au CAVILAM de Vichy (France). Il est le fondateur de l’IIDK et coordonnateur général du projet.
Robert Lukebano, spécialiste en pédagogie appliquée à l’anglais, ayant travaillé pendant 13 ans à l’Université Kongo (ex-Unibaz).
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