La RDC fait de la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits la priorité de sa présidence au Conseil de sécurité. Par Nedo Isrando

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La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York que la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits est « un impératif moral » et une condition sine qua non d’une paix durable. La RDC place les survivantes et la prévention au cœur de sa présidence tournante du Conseil.

En présidant une séance du Conseil de sécurité consacrée aux violences sexuelles liées aux conflits, Mme Suminwa a rappelé que la protection des victimes, la justice et les réparations doivent être intégrées dès le départ dans tous les processus de paix.

« On ne reconstruit pas une société en laissant ses survivantes sans justice », a-t-elle martelé.

La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité de rendre la dignité des survivantes et des survivants, les droits des enfants, la justice et l’accès aux services essentiels centraux dans la construction de la paix.

« Aucune ressource naturelle ne devrait être extraite au prix de la dignité humaine; aucune économie ne devrait prospérer sur la souffrance des populations », a-t-elle soutenu.

De la documentation à la prévention

Mme Suminwa a par ailleurs appelé à dépasser la seule documentation des crimes pour se concentrer sur la prévention. Elle a demandé une présence renforcée auprès des communautés à risque, des mécanismes d’alerte précoce et une justice capable d’atteindre auteurs, complices et commanditaire.

Penser les violences comme un système

La Première ministre a souligné la nécessité de comprendre et d’attaquer les systèmes qui rendent possibles ces violences : contrôle des territoires, déplacements forcés, circulation des armes, traite des personnes, impunité et économies de conflit.

« Si nous voulons prévenir ces crimes, nous devons regarder non seulement les actes commis, mais les systèmes qui les rendent possibles », a-t-elle expliqué.

À en croire la cheffe du gouvernement congolais, pour prévenir la répétition, les processus de paix doivent intégrer la lutte contre les violences sexuelles dans les cessez-le-feu, les mécanismes de surveillance, les processus de désarmement, les réformes du secteur de la sécurité, les régimes de sanctions et les garanties de non-répétition.

La RDC, qui assume la présidence tournante du Conseil de sécurité, a choisi de « commencer par les victimes ».

Selon la Première ministre, aucune architecture de paix n’a de sens si elle ne part pas de celles et ceux qui « ont payé le prix le plus lourd de la guerre ».

Plus de vingt-cinq ans après la résolution 1325, Mme Suminwa a demandé que la prochaine phase d’engagement international ne se limite pas à de nouvelles promesses, mais conduise à des mesures concrètes et tenues, mettant fin à l’impunité et protégeant durablement les populations touchées.

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