Le Kimpasi, le Kinkimba et le Lemba : trois institutions majeures du royaume Kongo

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Un traditionnaliste a expliqué dimanche le fonctionnement de trois institutions principales dans l’ancien Royaume Kongo, puissant État africain fondé aux XIVᵉ–XVᵉ siècles aux confins du sud‑ouest de la République démocratique du Congo et de l’Angola septentrional.

« Dans l’ancien royaume du Kongo, la société s’appuyait sur trois institutions principales : le Kimpasi, le Kinkimba et le Lemba. Bien plus que de simples organisations religieuses, ces structures fonctionnaient comme des académies où l’on enseignait la spiritualité, la médecine, la politique et l’art de la guerre», a fait savoir Marc Misulu.

« Chaque école avait un rôle précis. Le Kimpasi gérait le domaine sacré, le Kinkimba s’occupait de la force militaire et le Lemba se concentrait sur la vie civile», a‑t‑il ajouté.

Le Kimpasi : domaine sacré et savoir spirituel

Selon M. Misilu, le Kimpasi était sans doute l’institution la plus respectée.

« On y formait les prêtres, les prophètes et les guérisseurs. L’enseignement portait sur Nzambi a Mpungu, le Divin suprême, et sur la vie spirituelle. On y pratiquait des rites de purification pour aider les gens à garder une direction claire dans leur vie, malgré les difficultés ».

À l’en croire, les ancêtres appelés Bakulu y jouaient un rôle central en tant que guides des vivants.

« Les gardiens du savoir, les Nganga Nkisi, y enseignaient les sciences thérapeutiques. De grandes figures spirituelles comme MVita Kimpa ou Mvuluzi Kimbangu sont liées à cet héritage ».

L’histoire du royaume est aussi marquée, d’après le traditionnaliste, par l’alliance entre le chef Lukeni lua Nimi et le prêtre Nsaku Ne Vunda.

« Le clan Nsaku détenait une grande autorité spirituelle, souvent décrite comme le lien direct par lequel les révélations divines arrivaient au peuple», a‑t‑il indiqué avant de préciser que le mot Kimpasi est aussi lié au terme mpasi, qui signifiait autrefois la richesse.

« Pour les Bakongo, la véritable richesse n’était pas l’argent, mais la connaissance spirituelle », a souligné Marc Misilu.

Le Kinkimba : formation militaire et symbole du Mboma

« Le Kinkimba concernait le domaine militaire. Cette école préparait les jeunes au courage et à la protection de la communauté, surtout dans les régions côtières. Son symbole était le python, le Mboma, qui représentait la vigilance et la force. Ce serpent était aussi associé à l’arc‑en‑ciel, signe d’harmonie et de puissance divine ». Le nom Kinkimba, a‑t‑il dit, vient d’un verbe signifiant courir, « ce qui montre bien l’importance de l’endurance et des capacités physiques dans cette formation ».

Le Lemba : gestion civile et maintien de la paix

Enfin, a poursuivi le traditionnaliste, le Lemba gérait la vie civile et son influence était très large. Son nom vient du verbe lemba, qui veut dire apaiser. Sa mission était de maintenir la paix entre les clans, de régler les conflits et d’assurer l’harmonie sociale. Le Lemba enseignait aussi la médecine, la diplomatie et la manière de gouverner. Son rôle était de lutter contre les divisions pour garder le royaume stable.

« Ces trois institutions prouvent qu’avant la colonisation, le royaume Kongo possédait déjà ses propres systèmes d’éducation, de santé et de gouvernance », a affirmé Marc Misilu.

Pour lui, la spiritualité, la défense et la gestion civile formaient un tout cohérent pour préserver la société. Aujourd’hui, a conclu l’analyste, même si l’histoire a été mouvementée, cet héritage survit grâce à la tradition orale et reste un élément majeur de l’identité et de la culture des descendants des Bakongo.

ISRANDO

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