Par Israël Isrando
Alors que l’opposition appelle à une « journée ville morte » ce mercredi 3 juin pour protester contre un projet de modification constitutionnelle, le gouvernement, de son côté, a multiplié les mises en garde et les mesures administratives visant à préserver la neutralité et le fonctionnement des services publics.
L’appel à la mobilisation, porté notamment par la coalition C64 et des leaders comme Martin Fayulu, vise à manifester le rejet d’un projet de loi organisant un référendum que les opposants présentent comme « la première étape d’un processus conduisant à un changement de la Constitution».
Selon eux, ce texte ouvrirait la voie à une reconfiguration des règles politiques susceptible de permettre au président Félix Tshisekedi de prolonger son mandat. Les instructions de mobilisation publiées par des responsables de l’opposition demandent aux citoyens d’éviter les marchés, les lieux de travail et d’empêcher les enfants d’aller à l’école pendant la journée de protestation, afin de « prouver » leur désaccord avec le projet.
En réponse, le vice‑premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean‑Pierre Lihau, a rappelé par note de service adressée aux secrétaires généraux, inspecteurs généraux‑chefs de service et directeurs généraux que l’administration publique doit rester « apolitique, neutre et impartiale ».
La note, rendue public mardi, a signalé la circulation, au sein des services publics, de tracts attribués à certains groupes dits de l’opposition appelant à participer à la « journée ville morte ».
Le VPM souligne que cet appel ne respecterait ni les dispositions pertinentes de la Constitution ni les textes légaux et réglementaires en vigueur.
Le communiqué du ministère insiste aussi sur l’exigence d’assiduité et le contrôle des présences. Conformément au Décret n°24/09 portant règlement d’administration relatif à la discipline, chaque service public doit tenir quotidiennement des listes de présence dûment renseignées, signées et conservées.
Les responsables des services sont priés de transmettre, tous les trois mois, au ministère de la Fonction publique, les rapports des présences et absences du personnel ; pour les deux premiers trimestres 2026, ces rapports sont attendus au plus tard le 20 juin 2026.
Le VPM a, par ailleurs, averti que les cadres et agents qui s’absenteraient sans motif légallement valable, notamment durant des journées de mobilisation politique, s’exposeraient aux « conséquences prévues par les textes en vigueur ».
Pour s’assurer du respect des obligations professionnelles et du fonctionnement régulier des services publics, Lihau annonce le déploiement, à partir du 2 juin 2026, de missions d’inspection dans l’ensemble des services publics.
Le ministre demande aux responsables administratifs de collaborer pleinement à ces missions et de prendre les mesures internes nécessaires à leur déroulement.Sur le plan juridique, la note rappelle que l’article 193 de la Constitution consacre le principe d’une administration publique « apolitique, neutre et impartiale », et que le Code de conduite de l’agent public encadre strictement la participation des fonctionnaires aux activités politiques. Le rappel gouvernemental se présente donc comme une mise en garde appuyée, s’appuyant sur des textes constitutionnels et réglementaires.
Le contexte politique est tendu : l’opposition, réunie au sein de la C64, qualifie la proposition de loi relative au référendum de première étape vers un changement constitutionnel souhaité par le pouvoir, et promet de combattre ce qu’elle décrit comme une manœuvre pour modifier les règles du jeu politique.
Le pouvoir, par la voix du ministère de la Fonction publique, met l’accent sur l’obligation de neutralité des agents publics et sur la nécessité d’assurer la continuité du service public.
