Pont routier-rail Kinshasa–Brazzaville : lancement officiel de l’appel à propositions pour le concessionnaire stratégique

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La signature officielle de l’avis d’appel à propositions (AAP) pour le projet de pont route-rail Kinshasa–Brazzaville a été signée mardi à Brazzaville par Jean-Jacques Bouya et Jean-Pierre Bemba, respectivement vice-premiers ministres en charge de la coordination des infrastructures de développement et de l’aménagement du territoire pour la République du Congo, et du Transport et voies de communication pour la République démocratique du Congo.

La cérémonie s’est tenue en marge des assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Un projet au-delà du génie civil
Jean-Pierre Bemba a souligné que l’étape engagée vise la sélection d’un concessionnaire privé stratégique qui assumera le financement, la construction et l’exploitation du pont.

« Bien plus qu’un simple ouvrage de génie civil, il s’agit d’une œuvre de redynamisation du commerce transfrontalier », a-t-il déclaré, saluant la vision des présidents Félix-Antoine Tshisekedi et Denis Sassou Nguesso pour la concrétisation du projet.

La cérémonie a réuni John Banza, ministre des Infrastructures et Travaux publics, des responsables du Groupe de la BAD, de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et du groupe G50.

Le projet répond à l’absence d’un ouvrage de franchissement sur le fleuve Congo entre Brazzaville et Kinshasa, un vide structural qui freine la mise en œuvre des politiques de développement économique et d’intégration régionale prônées par les États d’Afrique centrale et l’Union africaine.

Il vise à sécuriser et faciliter les connexions entre les deux capitales, à stimuler les échanges entre la RDC et la République du Congo, et à renforcer les liaisons régionales avec le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad et le Gabon.

Vision et retombées attendues

Pour Jean-Jacques Bouya, le projet est « structurant » et incarne une ambition d’intégration africaine, de connectivité et de transformation durable. « Un projet commun entre deux peuples frères qui ont décidé de mutualiser leurs efforts et leurs ambitions », a-t-il ajouté, rappelant l’objectif de fluidifier les échanges humains et commerciaux et d’étendre éventuellement la connexion à d’autres capitales.

Selon des études réalisées en 2018, le coût du projet est estimé à 414 millions de dollars américains. Le futur ouvrage comportera une chaussée routière à deux fois deux voies et une voie ferrée. Sa longueur sera de 1 575 mètres, composée de 10 travées, dont de grandes travées haubanées de 152 et 242 mètres de portée.

Le pont devrait être situé à Maloukou Tréchot, à environ 65 à 85 km de Kinshasa.Structures en charge
La Délégation générale des grands travaux représente la République du Congo, tandis que l’Agence congolaise des grands travaux agit pour la République démocratique du Congo.

Ces deux structures techniques pilotent la préparation du projet.

Début mai 2026, les ministres des Finances des deux pays ont signé à Kinshasa un accord bilatéral inter-États portant sur le régime fiscal et douanier, une étape préparatoire importante pour la mise en œuvre du projet.

La rédaction

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